" Nous dénonçons avec rigueur l’amalgame qui s’opère entre notre peuple et AQMI "
19/01/2011
Non à la propagande d’AREVA !
Janvier 2011 : impossible d’échapper au nouveau spot publicitaire d’AREVA dont 1500 spots TV sont diffusés sur 30 chaînes TV.Une campagne de propagande mondiale de 20 millions d’euros de promotion du nucléaire, payée par les contribuables puisque l’État est actionnaire à 90 % d’AREVA.
Le 14 janvier 2011, le Réseau "Sortir du nucléaire" a porté plainte contre ce spot devant le jury de déontologie publicitaire.Soutenez cette plainte en signant et personnalisant si vous le souhaitez le formulaire sur le site du Réseau Sortir du Nucléaire (Votre message sera automatiquement envoyé au Jury de Déontologie Publicitaire et à l’Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité)
(perso je l'ai personnalisé en parlant de l'exploitation des mines au Niger ... vous vous en seriez douté ! non !?)
À l'attention de :
Madame Marie-Dominique HAGELSTEEN, présidente du Jury de Déontologie Publicitaire,
Monsieur Dominique BAUDIS, président de l'Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité,
Monsieur Stéphane MARTIN, directeur général de l'Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité,
Cher Madame, Cher Monsieur,
Je souhaite par ce courrier interpeller le Jury de Déontologie Publicitaire et l'Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité et soutenir la plainte déposée par le Réseau « Sortir du nucléaire » le 14 janvier 2011 contre le dernier spot publicitaire de la Société Areva intitulé « L'épopée de l'énergie ».
Cette publicité est en effet un scandale car elle a pour vocation :
- de valoriser la contribution du nucléaire à la réduction des émissions de dioxyde de carbone, gaz à effet de serre ;
- de présenter l'énergie nucléaire et les énergies renouvelables sous un vocable commun « énergies avec moins de carbone », et ce alors qu'aucune disposition communautaire, législative ou réglementaire n'opère aucun rapprochement entre énergie nucléaire et renouvelables ;
- de décrire le nucléaire comme une énergie parfaitement maîtrisée et correspondant au sens de l'Histoire et à la modernité.
Or, le nucléaire est non seulement loin d'être une énergie propre et renouvelable mais il détourne les financements nécessaires au développement des énergies propres et met en péril l'environnement et les populations.
Je citerai pour seul exemple : l'exploitation des mines d'uranium au Nord du Niger, dont je connais particulièrement la situation pour m'y intéresser depuis plusieurs années.
Les 40 années d'exploitation minière par Areva à Arlit et Akokan, ont eu pour premières conséquences :
* La spoliation des terres agro-pastorales autour des deux sites, situés dans la région d’Agadez.
* Des bénéfices énormes réalisés par Areva sans retombées pour les populations : un véritable partenariat « gagnant-perdant » !
* La destruction de la faune et de la flore aux alentours des mines.
* La contamination de l'air par des poussières et des gaz radioactifs.
* La contamination radiologique des ressources en eau.
* L'épuisement d'une des deux grandes nappes fossiles (Tarat), à hauteur de 2/3 de ses réserves et, à moyen terme, le tarissement irréversible de la seconde nappe, avec le dénoyage de la partie ouest de l'aquifère (grès d'Agadez) en 40 ans.
* Des pollutions annexes innombrables, essentiellement dues aux activités périphériques.
Et cet exemple n'en est qu'un parmi tant d'autres, il ne concerne "que " la phase d'exploitation du minerai ... pourtant à lui seul il suffit à prouver que la publicité d'Areva est mensongère et contribue à une désinformation grave !
J'imagine et je souhaite que de nombreux autres exemples vous soient transmis ...
Par mon soutien à cette plainte, je réitère la demande du Réseau "Sortir du nucléaire" du retrait immédiat de cette publicité de tout support de diffusion, d'information et de communication, et de la publication de la décision à intervenir sur la présente plainte par le Jury de Déontologie Publicitaire.
Cordialement,
En Vouature Simone
Médecins Sans Frontières critique l’option militaire de la France au Sahel

Médecins Sans Frontières critique l’option militaire de la France au Sahel
La présidente de MSF refuse «l’enrôlement» des humanitaires dans la lutte antiterroriste
L’organisation est «en train de reconsidérer ses actions» dans la région sahélienne
La stupeur et le consensus qui avaient prévalu au lendemain de la mort, le 8 janvier, des deux jeunes Français pris en otage au Niger laissent progressivement la place aux interrogations, voire à la colère.
Dans une lettre adressée le 12 janvier au ministre de la défense, Alain Juppé, des amis de l’une des victimes, Antoine de Léocour, estiment que «la France, patrie des droits de l’homme, sacrifie ses ressortissants sur l’autel d’orientations occultes ». «Sachez qu’à nos yeux la raison d’Etat ne doit jamaisl’emportersur le respect de la vie des citoyens», écrivent-ils au ministre dont ils réclament la démission, lui reprochant de pratiquer la « récupération politique» en «réduisant l’analyse de ce drame à un discours sécuritaire ».
Alors que des contradictions sont apparues dans les récits du drame successivement livrés par les autorités françaises, les ministres des affaires étrangères et de la défense devaient être entendus, mardi 18 janvier, par la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale. Vendredi, Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) a tenté d’exploiter le trouble en affirmant que l’un des otages avait été tué «par les Français» lors de l’opération militaire. Auparavant, l’ancien premier ministre Dominique de Villepin avait rappelé que «les trois interventions militaires successives qui ont eu lieu [contre des pirates somaliens en avril 2009, contre AQMI les 22 juillet 2010 et 8 janvier 2011] ont échoué». «Aurait-on pris la même décision s’il s’agissait de deux journalistes ou deux parlementaires?», s’est pour sa part interrogé Paul Quilès, ancien ministre (PS) de la défense dans Libération. Interrogée par Le Monde, Marie- PierreAllié,présidente de l’organisation non gouvernementale (ONG) Médecins sans frontières (MSF), exprime quant à elle «un sentiment de malaise ». « Nos deux concitoyens, estime-t-elle,ont été les victimes collatérales de combats qui sont le prolongement de la “guerre contre le terrorisme” engagée en 2001. » « Il semble, poursuit Mme Allié, que la nouvelle politique de la France en de à faire prévaloir la fermeté à l’égard d’AQMI sur la volonté de préserver la vie des otages. C’est en tout cas ce qui vient de se passer: on a donné la priorité à un combat plus global.» Or, déclare la présidente de MSF, «en tant qu’organisation humanitaire, nous ne
pouvons pas soutenir un choix de principe en faveur de l’option militaire. Cela heurte notre ligne de conduite qui est de donner priorité à la vie».
Si MSF se sent directement concernée par ce débat, c’est que l’organisation intervient, comme d’autres, dans plusieurs pays où sévissent les enlèvements et le terrorisme. La question du recours aux autorités étatiques pour régler une situation de type «prise d’otages»se trouve donc concrètement posée à elle. L’intervention militaire française au Sahel et son échec «nous conduisent à réfléchir
au type de relations que nous aurions avec les autorités françaises en pareil cas», déclare la présidente de MSF. «Les deux jeunes victimes se sont trouvées enrôlées à leur corps défendant dans la “guerre contre terrorisme”. En tant qu’organisation humanitaire intervenant dans des zones de conflit, c’est une situation que nous refusons. Si nous nous laissions récupérer par une des parties en présence, notre action deviendrait impossible.»
Des autorités françaises, la présidente de MSF attend « que la lumière soit faite sur le rôle et la responsabilité des uns et des autres», même si elle « comprend que, dans une affaire aussi délicate, certaines choses doivent être entourées de discrétion ». Pour l’heure, l’organisation est « en train de reconsidérer ses actions » dans la région sahélienne. Avec les autorités nigériennes, elle réfléchit « aux moyens de continuer d’intervenir auprès des populations les plus vulnérables». Mais «l’escalade des actions et des discours» l’a conduite depuis plusieurs mois déjà à négocier un nouvel équilibre : « Limiter au maximum l’exposition des personnels aux risques, tout en poursuivant les programmes les plus importants.»
La présidente de MSF refuse «l’enrôlement» des humanitaires dans la lutte antiterroriste
L’organisation est «en train de reconsidérer ses actions» dans la région sahélienne
La stupeur et le consensus qui avaient prévalu au lendemain de la mort, le 8 janvier, des deux jeunes Français pris en otage au Niger laissent progressivement la place aux interrogations, voire à la colère.
Dans une lettre adressée le 12 janvier au ministre de la défense, Alain Juppé, des amis de l’une des victimes, Antoine de Léocour, estiment que «la France, patrie des droits de l’homme, sacrifie ses ressortissants sur l’autel d’orientations occultes ». «Sachez qu’à nos yeux la raison d’Etat ne doit jamaisl’emportersur le respect de la vie des citoyens», écrivent-ils au ministre dont ils réclament la démission, lui reprochant de pratiquer la « récupération politique» en «réduisant l’analyse de ce drame à un discours sécuritaire ».
Alors que des contradictions sont apparues dans les récits du drame successivement livrés par les autorités françaises, les ministres des affaires étrangères et de la défense devaient être entendus, mardi 18 janvier, par la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale. Vendredi, Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) a tenté d’exploiter le trouble en affirmant que l’un des otages avait été tué «par les Français» lors de l’opération militaire. Auparavant, l’ancien premier ministre Dominique de Villepin avait rappelé que «les trois interventions militaires successives qui ont eu lieu [contre des pirates somaliens en avril 2009, contre AQMI les 22 juillet 2010 et 8 janvier 2011] ont échoué». «Aurait-on pris la même décision s’il s’agissait de deux journalistes ou deux parlementaires?», s’est pour sa part interrogé Paul Quilès, ancien ministre (PS) de la défense dans Libération. Interrogée par Le Monde, Marie- PierreAllié,présidente de l’organisation non gouvernementale (ONG) Médecins sans frontières (MSF), exprime quant à elle «un sentiment de malaise ». « Nos deux concitoyens, estime-t-elle,ont été les victimes collatérales de combats qui sont le prolongement de la “guerre contre le terrorisme” engagée en 2001. » « Il semble, poursuit Mme Allié, que la nouvelle politique de la France en de à faire prévaloir la fermeté à l’égard d’AQMI sur la volonté de préserver la vie des otages. C’est en tout cas ce qui vient de se passer: on a donné la priorité à un combat plus global.» Or, déclare la présidente de MSF, «en tant qu’organisation humanitaire, nous ne
pouvons pas soutenir un choix de principe en faveur de l’option militaire. Cela heurte notre ligne de conduite qui est de donner priorité à la vie».
Si MSF se sent directement concernée par ce débat, c’est que l’organisation intervient, comme d’autres, dans plusieurs pays où sévissent les enlèvements et le terrorisme. La question du recours aux autorités étatiques pour régler une situation de type «prise d’otages»se trouve donc concrètement posée à elle. L’intervention militaire française au Sahel et son échec «nous conduisent à réfléchir
au type de relations que nous aurions avec les autorités françaises en pareil cas», déclare la présidente de MSF. «Les deux jeunes victimes se sont trouvées enrôlées à leur corps défendant dans la “guerre contre terrorisme”. En tant qu’organisation humanitaire intervenant dans des zones de conflit, c’est une situation que nous refusons. Si nous nous laissions récupérer par une des parties en présence, notre action deviendrait impossible.»
Des autorités françaises, la présidente de MSF attend « que la lumière soit faite sur le rôle et la responsabilité des uns et des autres», même si elle « comprend que, dans une affaire aussi délicate, certaines choses doivent être entourées de discrétion ». Pour l’heure, l’organisation est « en train de reconsidérer ses actions » dans la région sahélienne. Avec les autorités nigériennes, elle réfléchit « aux moyens de continuer d’intervenir auprès des populations les plus vulnérables». Mais «l’escalade des actions et des discours» l’a conduite depuis plusieurs mois déjà à négocier un nouvel équilibre : « Limiter au maximum l’exposition des personnels aux risques, tout en poursuivant les programmes les plus importants.»
Philippe Bernard - Le Monde - Edition papier du 19 janvier 2010
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